Saint-Quentin-en -Yvelines, 1982…

 

Un hangar à locomotive promis à la destruction.

Une équipe de deux à trois cents mômes qui vivent dans ce lieu, squattent la ruine, dans la violence, dans le rejet.

Première idée : mettre en scène, spectaculariser la destruction projetée avec la complicité des habitants.

Quatre-vingt-dix personnes créeront ce spectacle, encadrées par des comédiens, par petites équipes, dans un environnement technique professionnel. Gigantesque machine, conceptions de gradins, construction du lieu du spectacle, décors dantesques... les gosses ont tout fait, tout réussi. Impossible de s’arrêter, de les laisser là.

En marge du Théâtre de l’Unité, l’atelier naît de ce constat. Formation d’une première équipe, sept à huit personnes en rupture, marginaux de choix de ces années quatre vingts. Et très vite, dépassant les possibilités offertes par les T.U.C., l’envie de pérenniser le travail des gars, d’en faire des Intermittents du spectacle. Contrats pour la construction de décors, commandes extérieures : l’atelier trouve son autonomie, forme une vingtaine de jeunes.

 

Montbéliard, août 1991...

 

Le Théâtre de l’Unité s’installe, crée le Centre d’Art et de Plaisanterie. L’Atelier déménage, se transporte dans les locaux désertés des bains-douches de la ville. Nombre d’anciens ont trouvé leur indépendance, certains suivent pourtant le transfert, constituant l’encadrement de la nouvelle expérience.

Tenter d’intégrer à l’atelier des jeunes extérieurs au milieu du spectacle, habitants des quartiers défavorisés sans espoir de formation, marginaux par force, non plus par choix. Problèmes nouveaux, renforcés par l’impossibilité de trouver pour les jeunes formés des débouchés dans des entreprises régionales du même type.

Jusque- là, les commandes émanent du monde du spectacle, et l’existence de l’atelier reste socialement perçue comme liée à ce monde marginal. L’irruption du monde scientifique- Centre de Culture Scientifique de Montbéliard (IJET)- va changer cette perception : travailler pour des scientifiques, avec leur validation, permettra une meilleure intégration sociale, une acceptation de l’équipe.

Reste un regret : l’Atelier de Saint-Quentin-en-Yvelines, sans administration propre, a disparu avec le départ de la troupe. Erreur à ne pas reproduire.

 

L’atelier s’autonomise, devient une association indépendante :

 

La Compagnie des Bains-Douches, novembre 1995...

 

La compagnie peut maintenant intégrer des stagiaires. Son but n’est plus de former à tout prix des professionnels du spectacle, mais bien de favoriser la remise en confiance de rejetés du système, de les placer face à des responsabilités de travail et de leur apprendre à y faire front. Stages de longue durée, encadrés par des “anciens”, eux-mêmes issus des quartiers sensibles. Apprentissages des gestes, de techniques, mais d’abord conquête d’un rôle social, d’un statut de reconnaissance, d’une dignité et d’une confiance en soi bafouée.

 

Parallèlement à ses travaux de commandes, l’atelier développe ses propres projets. Interventions de rue, participations à des événements et fêtes de quartier- Réveillon des boulons, Quand les machines rient au pays de Montbéliard  - qui définissent l’idée d’une culture conflictuelle, face-à-face de valeurs, dialogue et dépassement de la violence première.

 

C’est dans cette perspective que se met en place le spectacle Anges et Démons, véritable “mise en rue” du postmodernisme. Il sera joué à Avignon, Chalon dans la Rue, Lisbonne-Exposition universelle, en Lituanie, en Sicile, en Suisse, en Allemagne...

 

La Compagnie quitte son lieu historique, novembre 2010,  et déménage son frigo à l’ancienne caserne des pompiers.

 

Quelques créations :

 

- Conception et réalisation d’une des grandes roues des   Champs Elysées - Paris - Mission 2000

- Création d’un événement spectacle «Le Grand Soir» Ville de Belfort

- Buren Cirque

- Création de « Vacherie » Bicentenaire Victor Hugo,

- Réalisation de décors pour Bartabas (Versailles)

- Création « Cueilleurs de vent » Réveillon Citée rêvée Montbéliard et Festival Chalon dans la rue

- Création « Caléfaction » Réveillon Cité Rêvée » Montbéliard